Mon témoignage

vagues de tempête

Épreuves de vie

Cela n’a pas été facile d’évoquer et d’exposer ici ce qui va suivre mais je me suis dit que ça pourra je l’espère aider des personnes, alors voici mon témoignage que j’ai divisé en 4 phases comme pour le sommeil :

Phase 1 : Dépression


Revenons à 2006, 

Alors que j’étais animateur dans un centre de loisirs pour les vacances, j’ai commencé à sortir avec une fille et commençais ma 2ème année de BAC PRO Commerce. 

A cette période en pleine crise d’adolescence, j’étais vraiment mal dans ma peau, à vif, en conflit permanent avec moi-même et avec mes parents. 

Quant à ma relation, c’était étrange, je n’arrivais pas à comprendre ce qu’il se passait. Au milieu de tous ces changements qui arrivent en étant ado, j’étais fou amoureux, chamboulé et en même temps perdu. Il m’était impossible de gérer les conflits intérieurs et les sentiments mélangés. 

Cela n’a pas loupé, au bout de 2 mois, nous étions dans un café en train de discuter. D’un coup, une phrase est arrivée de sa part qui résonne encore. “Ce serait bien que l’on fasse une pause, un break”.

Notre relation n’a jamais repris. Toutes les fois où je la croisais par hasard, mon cœur s’emballait. J’avais comme une aiguille qui se plantait dans la plaie encore bien ouverte. 


Janvier 2007,

Suite à cette déception amoureuse, j’ai fait une grosse dépression. De plus ma grand-mère paternelle venait de décéder de la maladie d’Alzheimer. Plongé dans l’alcool, le cannabis, j’ai vu 3 psys différents et ai été sous sertraline pendant 1an et demi.

Mes relations sociales étaient catastrophiques et avec mes parents c’était pire. Je m’étais enfermé dans un monde obscur. 

La situation m’empêchait de dormir. Je passait mes nuits à regretter, à espérer, à ressasser les moments. De toute évidence j’étais fatigué, irrité, broyais du noir, ce qui n’arrangeait pas mon état. Le fait de ne pas récupérer, de m’endormir très tard ou plutôt très tôt le matin était devenu un cercle vicieux.


Phase 2 : Crises d’angoisse


Janvier 2008, 

J’étais allongé dans mon lit chez mes parents, aux alentours de 22h je m’apprêtais à dormir quand tout d’un coup j’ai senti ma poitrine se compresser comme si, on me marchait dessus en plein milieu, ma gorge était serrée comme un étau, n’arrivant plus à respirer, une bouffée de chaleur m’a envahi, mon cœur s’est emballé d’un coup brutalement, ça tapait, une sensation de mort imminente…Paniqué, j’ai appelé ma mère à l’aide tentant de lui expliquer et là mes jambes se sont mis à trembler de façon incontrôlable, c’était violent.

Mes parents m’ont amené aux urgences. On m’y fera des examens sans rien trouver, j’y resterai jusqu’à 4h du matin, et avant de partir le médecin chef m’expliqua ce qui venait de m’arriver…une crise d’angoisse. Une quoi !?

Sans le savoir, c’était le début d’une longue période

Rendez-vous dans une clinique avec un nouveau psy, j’ai commencé à prendre des anxiolytiques cela durera 2 mois. Les anxiolytiques ont eu un effet de bombe à retardement. Cela n’a fait que repousser la crise d’angoisse qui a suivi encore plus violente que la toute 1ère. 

J’ai pris des neuroleptiques mais ça n’a pas duré plus d’une semaine car ce n’était clairement pas adapté. Je me souviens d’un inventaire de nuit que je faisais à décathlon à cette période et j’étais totalement anesthésié, léthargique, un légume.

A ce moment-là, j’étais devenu hypocondriaque, j’allais chez le médecin pour la moindre inquiétude pour faire des examens, me rassurer, d’ailleurs il n’y avait jamais rien. Malgré cela j’étais quand même persuadé d’avoir quelque chose, une maladie et que j’allais mourir. J’avais l’impression d’être un survivant, tout le temps en alerte. C’est devenu ensuite la peur d’avoir peur.

Face à cette impuissance, on se sent seul, un désespoir total s’installe, la détresse. Je ne comptais plus les fois où j’ai eu l’envie d’en finir et ne voulais plus sortir de chez moi. Tout ça au point de ne plus savoir ce qu’était une vie normale. 

La peur de mourir était là en permanence, les pensées négatives passaient en boucle dans mon esprit. La vie devenait un enfer. J’étais prisonnier, ça m’arrivait tout le temps, le jour, la nuit et partout même en voiture, au travail, parfois avant d’y aller, au cinéma, etc. Ne pas faire plutôt que faire, était devenu mon credo, j’évitais les foules, les lieux publics pour ne rien provoquer.

C’était handicapant puis ce n’est pas quelque chose dont on parle autour de soi. C’était une sorte de torture mentale que vous ne pouvez pas contrôler sans une aide appropriée. Sans résultats probant, je n’étais pas vraiment satisfait des spécialistes que j’avais vu, c’est pourquoi je changeais souvent. 

Les crises me bouffaient tellement d’énergie que j’étais tout le temps crevé. Je ne dormais plus et j’avais sans cesse des douleurs corporelles avec tout le stress infligé. Au moment du coucher, je me retrouvais seul face à moi-même, obsédé par les moindres ressentis de mon corps. Le simple fait de sentir mon cœur battre était un élément déclencheur d’une crise. Je finissais par m’endormir une fois que les angoisses m’avaient vidé de toutes mes forces.  


Renaissance de l’Espoir :

renaissance espoir


Un jour, ma mère m’a parlé d’une sophrologue qu’une collègue lui avait recommandé. Je décidais de prendre rendez-vous et là un excellent feeling et je me dis bon sang si je l’avais rencontré avant.

Avec cette spécialiste, j’entame donc à nouveau un long travail sur moi avec des exercices de sophrologie, de méditation, de relaxation, quelques séances d’hypnose qui suite à ma dépression m’ont aidé à fermer totalement certaines blessures ouvertes qui me hantaient jusque dans mes rêves.

Petit à petit, j’ai commencé à ressentir une amélioration de mon état malgré quelques rechutes parfois.

J’avais retrouvé un sommeil optimal qui me ressourçait et me faisait sentir à nouveau vivant dans une vie normale. Avec ces outils et avec l’aide appliqués, j’ai mis en place des habitudes ajusté des détails qui font la différence et m’ont permis de vivre plus serein, heureux et avec plus de force pour aller de l’avant.

Pendant 9 ans où ces crises ont duré (jusqu’en 2017), je n’ai clairement pas profité de la vie mais je me suis accroché. Également, j’ai lu beaucoup de livres, vu des reportages, des témoignages. Entre temps, ça ne s’est pas arrêté là….


Phase 3 : Burnout


Novembre 2014,

J’ai décidé de m’expatrier pour apprendre l’anglais. J’avais réussi à décrocher un job en tant que Barman (mon métier à cette période) dans un hôtel de luxe près d’Oxford. Content de vivre une nouvelle expérience, je m’impliquais à fond, sans compter les heures, les jours. Je bossais 12h par jour pendant 9 voire 10 jours d’affilés parfois. Il arrivait que je ferme le bar le soir à 2h du matin pour ouvrir le lendemain à 8h. La peur de ne pas dormir assez pour récupérer retardait encore plus mon endormissement.

J’avais pas mal de pression, puis l’envie de bien faire et physiquement c’était assez dur mais ça me plaisait, l’ambiance était bonne, l’état d’esprit et la philosophie de l’hôtel et du groupe étaient motivants. 

De par mon rythme de travail et du fait qu’il n’y avait pas de volets ni de rideaux dans la chambre dans laquelle j’étais (colocation dans une maison), je dormais très mal. J’ai fini par déménager dans une autre maison dans un village situé à 5min en voiture. Dans la chambre, même système pas de stores, ni volets, ni rideaux. La fatigue s’était déjà bien accumulée.

Pour améliorer mon sommeil, je cherchais des solutions en plus des techniques apprises car je sentais que ce n’était pas suffisant. Ça devenait important. Sur les conseils d’autres collègues qui avaient les mêmes inconvénients, j’ai décidé de scotcher des cartons sur toute la baie vitrée coulissante pour empêcher la lumière de rentrer

Malgré ça je sentais une fatigue de plus en plus importante et lourde. Je commençais à faire des malaises au travail, mes collègues ne comprenaient pas ce qu’il m’arrivait. J’ai pris la décision d’aller consulter à plusieurs reprises des médecins sur place mais ils n’avaient pas l’air inquiets. Je sentais que mon corps me lâchait chaque fois plus mais je n’arrivais pas à en comprendre les alertes.

Je décidais de m’inscrire dans une salle de sport pour essayer de me remettre en forme mais c’était encore pire. Le moindre effort me coutait énormément, les escaliers de la maison pour monter jusqu’à ma chambre étaient devenus une épreuve. J’étais essoufflé de façon disproportionnée. Jusqu’au jour, où je n’arrivais même plus à me lever tellement mon corps n’avait plus la force. Je comprenais trop tard tout le sens du burnout.

On est en Avril 2015 soit 5 mois après avoir commencé mon job, j’appelle au travail et je leur dis que je rentre en France pour me soigner. Juste après mon arrivée, je vais voir mon médecin traitant qui me connaît depuis mes 3 mois. Voici sa phrase : “Sylvain, là tu dois tout arrêter, tu ne peux pas continuer comme ça, je te mets un mois en arrêt et tu restes chez tes parents pour dormir et reprendre des forces “. Et c’est ce que j’ai fait, je réfléchissais à la suite, mais qu’est-ce que j’allais faire ? Conscient que je n’avais pas écouté mon corps, négligé mon sommeil et que la santé devait passer avant le travail.

Retour en Angleterre


Début mai 2015, après avoir retrouvé un sommeil régulier et bénéfique qui a participé grandement à mon rétablissement, je suis reparti en Angleterre pour donner ma démission. Après avoir réfléchi, j’ai expliqué mon projet de m’orienter vers les métiers de l’hébergement, réception/conciergerie afin d’avoir un rythme moins soutenu qu’en restauration.

Le jour où j’ai donné ma démission, je me rappellerai toujours de cette phrase que mon chef m’a dite quand je lui ai annoncé : “Il ne faut pas se tuer à la tâche, la santé first”. J’en ai tiré un grand enseignement. Bien que j’étais déçu de partir, et mon employeur aussi, je décidais de postuler en tant que réceptionniste dans des hôtels situés à Oxford. 

Puis, 3 Jours après avoir démissionné, la DRH me rappelle en m’annonçant qu’une place de réceptionniste/concierge sera libre en Septembre. Néanmoins avant de prendre le poste, je devrais suivre une formation interne de 4 mois aux métiers de l’hébergement. J’étais marqué encore très fragile de ce qu’il venait de m’arriver mais j’ai accepté. Je suis resté dans le même établissement jusqu’en Mars 2017.

Ce fut une expérience très enrichissante du début à la fin.

J’ai ensuite fait une saison d’été à Majorque dans un hôtel du même groupe. S’en est suivi une saison à Courchevel en 2018 toujours en tant que réceptionniste.

Avant de partir au Royaume-Uni, j’étais dans une relation depuis 5 ans. Ensuite j’ai vécu cette relation à distance pendant 4 ans et aujourd’hui nos chemins se sont retrouvés.


Phase 4 : Rechute et Rebond

rechute et rebond


Août 2019,

Cela faisait 3 mois que j’avais fait un transfert interne de la réception à la comptabilité. C’était aussi dans le but d’améliorer mon rythme et mon équilibre de vie. J’étais conscient que le poste que je devais prendre était vacant depuis 3 semaines, le boulot s’était donc accumulé. Par conséquent, je devais rattraper le retard et me former en même temps. Ma collègue venait de prendre son nouveau poste et elle devait me former également. Je me rappelle d’une journée où on a bossé 16h (8h-00h), tous les autres jours c’était entre 12h et 14h/jour. J’ai accumulé 120h supp en 3 mois à récupérer.

Je n’arrivais pas à m’endormir, j’étais inquiet à savoir si j’allais y arriver, je pensais à toutes les tâches que je devais faire…la pression au moment des clôtures. Tellement préoccupé, je me réveillais 2h avant le réveil soit à 4h du matin en moyenne. Au boulot, j’étais moins concentré, beaucoup moins efficace et fatigué, énervé, stressé. Je commençais à avoir la boule au ventre avant et pendant le travail. J’ai senti les prémices d’un nouveau burnout se profiler.

C’était vraiment limite, j’ai failli tout lâcher jusqu’au jour où sur les conseils de mes proches et de ma sophrologue j’ai pris mon courage à deux mains. J’ai décidé d’en parler avec mes supérieurs et de mettre les choses à plat. Ce qui a permis de me décharger et de me faire énormément de bien. 


Suite à cet épisode, il fallait encore améliorer mon sommeil, en revoyant mon alimentation et mes activités physiques, mais aussi en me couchant et me levant à heures régulières et en appliquant d’autres détails. Vivant dans un vieil appartement mal insonorisé, avec le chauffage au sol commun puissant l’hiver, j’ai dû m’adapter,faire face à de nouveaux défis pour garder un sommeil de qualité. Et aujourd’hui, ça va beaucoup mieux



Qu’est-ce que j’ai appris et quelle conclusion en tirer ?


J’ai mis beaucoup de temps à me rétablir, dépensé pas mal d’argent, lu énormément, rencontré plein de spécialistes, suivi des traitements, appris des techniques

Mon rétablissement s’est fait par plusieurs moyens : la sophrologie, l’hypnose, la méditation, le développement personnel (qui continue aujourd’hui). Sans oublier, un changement drastique d’hygiène de vie et des habitudes quotidiennes.

Cela a été long et laborieux mais après tout c’est le résultat d’être bien dans sa vie et avec les autres qui compte. J’ai grandi, gagné plus de force, appris à écouter mon corps, à le respecter, à aller vers les autres, pris confiance en moi.

A chaque épreuve différente, j’ai donc mis en place des outils, des techniques qui s’adaptaient à des situations précises me permettant d’optimiser et d’améliorer, ce qui était un des éléments avec le plus d’impact à savoir : le sommeil. J’ai pris conscience de l’importance qu’il avait dans notre vie.

Actuellement, Il m’arrive encore d’avoir des troubles du sommeil mais moins fréquents.

Également, je sais que ces choses-là peuvent recommencer un jour, une dépression, une crise d’angoisse, un burnout…mais peut-être que je pourrais mieux les anticiper. Un exemple, avant de faire un 2ème burnout, j’ai agi avant qu’il n’arrive et l’éviter de justesse.

J’ai conscience que la résilience n’est pas la même pour tout le monde. Nous avons tous une vie différente qui comprend des évènements propres à chacun.  Néanmoins, je suis certain qu’à chaque problème, une solution se trouve quelque part. Malgré la difficulté que l’on peut parfois éprouver pour la trouver.

Ce que vous devez comprendre dans tout ça, c’est qu’il ne faut donc pas attendre que ça passe, ni rester silencieux ! Il faut agir, oser en parler, se faire aider et selon la situation par des personnes compétentes dans un domaine précis, médecins, spécialistes

Par ailleurs, Il y a un message que je souhaite vous envoyer, peu importe le chemin, les étapes difficiles, le désespoir total, je suis parvenu à me rétablir. Ne lâchez jamais et gardez cette lueur d’espoir quoi qu’il arrive


Enfin, j’espère qu’en lisant cet article vous vous sentirez déjà moins seul(e)s, et que ça vous donnera de l’espoir car il est possible d’y arriver.


Découvrez ici pourquoi j’ai décidé de faire ce blog.

victoire retablissement

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